Grenoble

Robert Bastardie, Giuseppe Gavazza
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Projection 35mm et Musique Electro-Acoustique

Grenoble, un regard de 1928, une écoute de 2015

Une chose que j'aime beaucoup avec les films muets, c'est le silence. Sonoriser est alors pour moi autant un défi, qu’une inquiétude. Comment faire pour ne pas faire moins bien que ce silence ?

Sonoriser c’est ajouter quelque chose qui raye la beauté du silence. J'ai donc essayé d'ajouter quelque chose qui aide de mon point de vue à la compréhension du film, ce sera en fait un point d'écoute.

Dans ce documentaire sur le Grenoble de 1928 de Robert Bastardie, il est inintéressant de bien connaître les lieux présents dans les images : connaître les lieux filmés nous permet de reconnaître et de mesurer les écarts avec aujourd’hui. Si on a les images, les sons de 1928, eux ne sont pas là.

J’ai choisi de jouer avec cet écart et d'enregistrer les sons d'aujourd'hui pris dans les mêmes lieux que l’on voit dans le film.

La dimension sonore est souvent masquée par la dimension visuelle. Ajouter les sons du présent aux images d’il y a plus de 87 ans permet, peut-être, de mieux lire la ville d'aujourd'hui, justement grâce à cet écart.

J’espère que cette dissonance temporelle entre les images et les sons aidera peut-être à comprendre mieux… les deux.

Giuseppe Gavazza, Grenoble, le 6 avril 2015